mercredi 27 mai 2020

la sexualité des femmes de plus de 50 ans



Je vous l'avais annoncé ce livre....
pour lutter contre les stéréotypes et s'affranchir.

Maquette proposée par LAROUSSE.
Vous en pensez quoi ?

Sortie du livre prévue pour le 7 octobre.
Ce qui nous laisse du temps pour en reparler...


dimanche 10 mai 2020

Ce n'est qu'un au revoir ! CONFINEMENT J 55


CONFINEMENT : J 55

Préserver notre santé mentale


Ce n’est qu’un au revoir


Pari tenu !
Le billet de blog quotidien nous a accompagnés, vous et moi. Il nous a tenu compagnie, ce rendez-vous matinal, ou plus tard dans la journée pour vous.
Depuis le 17 mars, l’écrire a été une précieuse discipline. Ce lien a été soutenant. Une promesse n’engage que ceux qui y croient, dit-on. J’y ai cru. Fermement. Y déroger eût été trahir, ce fut donc vite classé dans la pile des options inenvisageables. Immédiatement, le plaisir s’est invité. Même quand un peu de fatigue brouillait son évidence, m’y mettre me redonnait un entrain parfois endormi. Les jours de doute, entre autres sur l’utilité de ce rythme, persévérer sans trop me poser de questions m’a accrochée à une évidence. Ce qui aide beaucoup. Attitude que je vous conseille. Vous savez, une attitude c’est le terreau en dessous des comportements, on peut aussi appeler ça un trait de caractère. Une leçon que je tire de ce confinement justement sur ce point. Ne pas transiger sur ce qui est essentiel pour soi, sur les fondamentaux d’une personnalité et faire les efforts pour aller en ce sens.

Pourquoi avoir choisi un billet quotidien ?

Un rendez-vous quotidien, c’est réconfortant. Un billet court, c’est facile à lire. Un thème par jour, c’est un outil de réflexion. Donner à penser à celles et ceux qui le liront m’a animée. Déjà pour l’écrire, réfléchir est l’étape première (en principe, il vaut mieux) ...
Accompagner et être utile sont les maîtres mots de cette initiative. Charité bien ordonnée commence par soi-même, ce fut très utile pour garder le moral envers et contre tout.
Dès le début du confinement j’ai eu la certitude qu’il y aurait de nombreux dégâts psychiques. Pour des raisons diverses, traverser les semaines de confinement allait être compliqué.
Il y a tant à dire qu’un billet quotidien permet d’aborder divers angles petit à petit. La présence est importante et le rituel aussi. J’ai aimé prendre deux heures chaque jour pour les destinataires. J’ai aimé les retours. L’adresse est importante. Parfois, l’inspiration émane d’une personne, d’un fait, d’une parole.
Toujours, l’idée d’être lue est présente. Publier n’est pas comme écrire pour soi. L’idée de rendez-vous résume bien mon impression.
Certains billets sont plus difficiles à rédiger parce que le thème abordé est douloureux, comme celui des violences intrafamiliales. D’autres sont réconfortants, légers. La vie est une mosaïque. J’ai volontairement sauté du coq à l’âne, du rire aux larmes, telle est la vie.

Une discipline pour tenir


Chaque personne tirera son bilan des semaines passées, j’espère que l’idée de discipline pour aller jusqu’au bout de ses rêves est en haut de votre liste. L’enthousiasme tout de suite après.
Il en faudra maintenant qu’il s’agit de mettre en œuvre ce qui est apparu indispensable à changer. La parenthèse de ces dernières semaines a ouvert une brèche. Qu’elle ne se referme pas sans poser les modifications nécessaires à un après moins bancale est le vœu que je formule pour toutes et tous, individuellement et collectivement.
Pour être sur les traces de Freud, le travail et l’amour sont à embarquer sur l’arche de Noé, sur toute barque, et vogue la galère.
Eros, la pulsion de vie est notre arme la plus radicale. Elle se trouve au fond de nos tripes. Eros se développe au fur et à mesure. Sa quantité est illimitée. Invisible et tenace, la confiance peut être trompée mais qu’importe, se relever est notre force.

Inutile de dresser un inventaire, ce n’est qu’un au revoir ! Ce blog ne ferme pas aujourd’hui. Il n’est pas de la génération C. Il préexistait au COVID et il lui survivra. Les billets n’ont plus lieu d’être quotidiens puisque le déconfinement, c’est demain ! Cette mission-ci est accomplie. Maintenant vient le déconfinement, l’après et ce ne sera pas forcément plus simple. Je vous adresse tous mes encouragements pour la suite à la hauteur des ambitions qui sont les vôtres.

55 jours ! Vous avez tenu le choc, bravo.
Le sevrage ne doit pas être trop brutal 😉.
Restez abonnés si vous en avez le désir. N’hésitez pas à venir vers moi.

Bonjour demain…



samedi 9 mai 2020

Vieillir CONFINEMENT J 54


CONFINEMENT : J 54

Préserver notre santé mentale


A quel âge on est vieille ?


L’âge de la carte Senior des transports en commun est à peu près celui des personnes âgées considérées comme a priori vulnérables, celles que le gouvernement incite à ne pas déconfiner trop vite. Heureusement cette responsabilité (et le choix qui va avec) leur revient au final.
L’âge des femmes qui n’attirent plus les regards et celui des comédiennes pour lesquelles aucun rôle sexy n’est proposé (dans ce dernier cas, c’est très, très tôt…) à l’inverse des hommes à qui le charme est associé généreusement à l’âge.  

Ou est-ce dans sa tête ? Certains sont déjà vieux avant même d’être adultes. Une question d’éducation… Et d’autres ne seront jamais concernés car ils (et elles) ont la vivacité qui illumine les regards, le désir à fleur de peau et la vitalité qui va avec.

L’âge est une bataille perdue pour qui n’a qu’un compteur en guise de cerveau. Sur les ondes, nous avons entendu au printemps dernier une polémique sur l’invisibilité sexuelle des femmes de plus de 50 ans. Un homme de cet âge l’avait lancée. Les réactions entraînées ont révélé un certain malaise. Revendiquer de rester dans les clous de la femme objet de désir quand on a passé sa vie à râler contre l’objetisation de la femme, quel paradoxe ! Quémander une réassurance narcissique, quelle humiliation… Se taire ? Ce serait laisser dire.
Ma réaction fut de traiter la visibilité sexuelle des femmes et le désir sexuel des femmes, en partant d’elles. Comment femmes et hommes évoluent-ils sexuellement au fil des années ? J’ai le plaisir de vous annoncer la publication de ce livre aux Editions Larousse à l’automne… si tout va bien !

Durant le confinement, le regret de la fermeture des coiffeurs a semblé unanime. Ce qui pourrait n’être qu’anecdote est symptomatique. Les femmes ne devraient pas se lamenter mais y trouver un avantage. Si elles s’apprécient sans s’imposer de nocives teintures de cheveux, elles auraient vraiment tout à y gagner. Assumer son âge fait partie de l’affranchissement de normes dévalorisantes. Les cheveux qui grisonnent, c’est joli ! Qui édicte un diktat affirmant le contraire ?

Bien heureusement, le regard n’ausculte pas en permanence comme lors d’une consultation médicale, le regard caresse aussi. Le regard joue. Séduire n’est pas périmé. Corps et âme…

Le présent est un cadeau


Les femmes durant ce confinement ont montré qu’elles constituaient les forces vives du pays. De nombreux métiers indispensables sont occupés par elles et les activités familiales reposent encore sur elles. Il faudrait que les rémunérations soient proportionnelles à leur utilité. Devenir footballeur ferait moins rêver. Les femmes sont à l’honneur. Qu’elles s’en persuadent et s’en souviennent. Il ne faut pas se leurrer, les femmes cousent, les hommes causent. Les femmes ont encore été manquées durant cette période. Les experts ont envahi les ondes. Les femmes étaient sur le terrain. Quand est-ce qu’ils vont comprendre qu’ils ont tort de les rater ?

Au passage, je vous offre ce qu’une amie m’a adressé :
« Voilà une citation involontairement féministe qui va peut-être vous étonner :
« Les hommes veulent aimer et désirer ensemble. Ils veulent devenir des femmes comme les autres. » Eric Zemmour, Le Premier Sexe, Denoël, 2006, J’ai lu, 2009, p. 63 »
Un hommage inattendu n’en est pas moins bienvenu. Qu’il vienne du camp féministe, c’est comme si c’était inaudible et sans valeur pour certaines personnes. Alors faisons caisse de résonance quand cela vient du camp d’en face !

La façon dont les femmes sont traitées est identique quel que soit leur âge. Objetiser une jeune femme ce sera continuer à le faire ultérieurement. C’est pour cela que les femmes sont, plus que les hommes, terrifiées à l’idée de vieillir. Le capital beauté étant directement lié au nombre des années, elles savent que leur « valeur » ira en diminuant.
A tout âge, décider ce qui nous fait jouir nous revient. Nous avons à faire avec qui nous sommes et non ressembler à qui on voudrait que nous soyons. Sur tous les tons, il faut inlassablement s’en souvenir et l’affirmer. Hommes et femmes, ce serait préférable.


Un risque réel existe. Qu’elles se lassent, qu’elles se lèvent et qu’elles se cassent.

A demain…




vendredi 8 mai 2020

Ce que l'enfance nous apprend CONFINEMENT J 53


CONFINEMENT : J 53

Préserver notre santé mentale


On a oublié les gosses !


Il faut bien admettre qu’on entend tout et son exact contraire. Des spécialistes tout autant reconnus les uns que les autres exposent tour à tour leur inquiétude et leur confiance. Finalement, chacun repart avec ce qu’il avait en lui au début. Les uns sont de plus en plus préoccupés, les propos des experts allant en ce sens alimentent leurs argumentations. Les autres sont rassurés puisque leurs experts vont dans leur sens. Les interviews d’enfants complètent le tableau, exactement de la même façon. Chaque camp a ses prophètes.

Au bout du compte, tout est pareil. Les uns sont angoissés et les autres confiants. Certains enfants resteront à la maison et d’autres iront à l’école. La fracture française a trouvé un nouveau terrain pour s’exprimer à ciel ouvert.
13,7 millions de mineurs (INSEE 2017) vivent en France. Un enfant en bas âge et un grand adolescent n’ont pas vraiment les mêmes préoccupations et psychologies. Les enfants sont aussi différents que les adultes. Il serait donc absurde d’estimer qu’ils se ressemblent davantage jeunes qu’ils ne le feront plus tard. Les points communs et les différences existent à chaque classe d’âge. La différence est la norme.
Aussi interroger la génération C pour instituer le Coronavirus comme point de bascule est une excellente idée si on ne tombe pas dans le biais d’uniformiser. Vivre 2020 aura une incidence pour chaque être humain et encore plus pour les personnes qui auront une expérience singulière avec le virus ou le confinement/déconfinement. C’est la composante majeure de tout épisode : qu’en a-t-il été pour moi ?
Les enfants vont-ils s’adapter mieux que les adultes ? Certains enfants, oui. La plasticité est supérieure à l’âge tendre. D’autres seront traumatisés parce que leurs conditions de vie auront été compliquées du fait des effets collatéraux du COVID. S’ils sont frappés personnellement à un titre ou à un autre, quel que soit l’âge, ils seront marqués par 2020.
A l’heure actuelle on ignore l’impact inconscient. On essaie de maîtriser au maximum les dégâts de la crise. On ne saurait déterminer les suites à long terme aussi vite. Il est évident que des conséquences persisteront, c’est leur degré qui importe principalement. La quantité d’effets secondaires et leur qualité les rendent plus ou moins maîtrisables.

Les enseignants se donnent un mal de chien pour préparer la rentrée, ils font appel à des trésors d’imagination pour innover dans leurs conditions d’enseignement. Ils connaissent leurs élèves et tentent de trouver des solutions adaptées.
L’inégalité des familles, économique, culturelle, affective a-t-elle été aggravée ? C’est probable.
L’après sera un « comme avant, en pire » prédisent les pessimistes.
Nous tablons sur un apprentissage relationnel que la capacité d’adaptation des enfants facilitera. Si les adultes sont passéistes, ils auront des difficultés à saisir rapidement les enjeux.
Les efforts conscients referont surface chez les plus créatifs, c’est leur manière d’être au monde.
Mieux comprendre permet de minimiser l’impact négatif, agir activement en ce sens s’impose pour bénéficier d’un rebond. Il est courageux de forcer le mouvement en ce sens, d’une manière volontariste afin d’entraîner positivement cet après.

Sans se leurrer tout en le faisant


Cet engagement agit sur les enfants qui ont une force de vie correspondant à cet âge. Renforcer ces capacités les décuple, si l’élan n’est pas brisé par des adultes trop anxiogènes. C’est le meilleur à faire pour le moment. Maîtriser l’angoisse et la transformer en peurs exprimables, dominer l’anxiété et la traduire en inquiétudes gérables, voilà l’orientation. L’enfant a besoin d’être élevé, dans le sens premier du terme. J’ai peur mais j’y vais quand même…
Nous sommes tous un peu dépassés et il n’empêche qu’il est urgent d’avancer. L’incertitude ne bloque que si on veut tout prévoir. L’enfance justement ne fonctionne pas sur ces bases.

Et c’est là où il ne faut pas oublier les gosses !
Ils nous enseignent.
Ils nous montrent un émerveillement dont on a tant besoin.
Ils nous offrent une insouciance qui permet d’affronter les lendemains en chantant.
Il ne faut pas oublier les gosses en nous, celles et ceux que nous sommes encore un peu, quelque part.
Oui, faire l’enfant, encore une fois, encore un peu… Jouer sérieusement et faire comme si… Croire au Père Noël et c’est pas grave si c’est pas vrai… Ne pas devenir vieux et ne plus croire en rien… Se battre contre les monstres, imaginer et grandir… S’enthousiasmer généreusement, s’emballer, s’émerveiller, oh oui… C’est l’heure des rêves de gosses, c’est le moment de décrocher la lune.


A demain…


jeudi 7 mai 2020

Le désir, le plaisir et le déconfinement J 52


CONFINEMENT : J 52

Préserver notre santé mentale


Le désir à la veille du déconfinement


Hier c’était la St Prudence ; joli prénom et jolie qualité.
Demain, c’est la St Désiré. Magnifique !
Aujourd’hui, Carpe diem…

Parlons un peu désir, ce n’est jamais inutile. Pour commencer, le désir n’est pas à confondre avec la demande. Le plaisir en est très différent. Obtenir ce que l’on veut parce que quelqu’un cède à la demande n’a pas la saveur de déceler le désir de l’autre derrière une décision qui lui appartient.

Même s’il est imprudent dans un court billet de s’exprimer sur un tel propos en en sachant la complexité, la véritable prudence sera de préciser d’emblée qu’il s’agit de cheminements. Sans attendre l’aboutissement définitif d’une pensée pour la partager, on peut choisir d’élaborer et y travailler ensemble, comme ces co-constructions que l’on réalise lors d’une psychanalyse. Freud a assuré que le but d’une psychanalyse est de pouvoir aimer et travailler.

En amour, n’est-on pas toujours présomptueux, par définition ? Se positionner en objet d’amour relève d’un sacré challenge, bien imprudent. L’amour ose !
Durant ce confinement, une très grande différence s’est exprimée entre les personnes se trouvant bien avec celles avec qui elles étaient assignées à résidence et celles qui rêvaient de passer leur temps avec d’autres ; les personnes seules physiquement mais reliées à d’autres psychiquement ; bref, celles qui étaient soutenues par un désir et les autres…
Le désir s’est confirmé comme un moteur d’épanouissement.

Les Confinés désirants séparés depuis des semaines, contraints au nom de la Loi à ne pas se retrouver, sont nombreux à compter les jours. Enfin, pour les plus chanceux, ceux qui connaissent la date des retrouvailles…
Se mesure dans le manque ce qui est essentiel ou superflu. Le confinement en a éclairé plus d’un. Il y a évidemment des gens plus doués que d’autres pour les prises de conscience et surtout savoir en faire quelque chose, traiter ce qu’elles apportent.

Le besoin de l’autre n’a rien à voir au désir, il est du ressort de la dépendance. Pour rester sujets dans le désir, la relation égalitaire sert de garant. Le bébé est dans le besoin, l’adulte peut grandir. Il vérifie alors que c’est moins terrible que ce qu’il imaginait. Et les avantages sont surprenants…
Dans le besoin, il y a une notion d’assujettissement qui n’augure rien de bon à terme. On glisse vers l’aliénation. Rien de bien attirant… Un abus de pouvoir risquerait d’être posé par celui qui n’est pas dans le besoin et qui soumettrait. Une terreur interne peut aussi stopper l’élan.
Ce n’est pas l’amour qui soit dangereux ! Tout dépend entre qui et qui le lien se tisse.  C’est comme pour le rire. On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui !

Enfin, le désir ne vient pas de nulle part, il résulte de la rencontre de deux êtres, mais pas seulement. Il est préexistant. Bien sûr il commence dans la toute petite enfance, il est même à l’origine de la vie. Être désiré n’est cependant pas toujours certain.

Se protéger et passer à côté de sa vie est une défense comme sacrifier son désir par peur de s’y risquer. La panique du vacillement est compréhensible. On la comprend et elle se comprend. Pourtant la vie mérite d’être vécue. Qu’elle soit bien ou mal vécue, elle est dangereuse… L’altérité ramène à la réalité. L’ouverture à l’autre, l’amour rendent heureux. Et parfois malheureux aussi, qui peut le nier ?

Le désir à l’heure du déconfinement


Pour les non confinés ensemble, l’échange bien réel est par définition resté virtuel durant des semaines. Le corps était présent dans les messages. Et voilà qu’enfin, le langage du corps pourra s’exprimer directement, sans barrières. Les amoureux franchiront le pas de la distanciation. Ce sera une nouvelle première fois.

Cette expérience originale soude certains et éloigne d’autres. Le confinement est ramené à une situation qui s’intègre à toutes les autres. Et c’est bien ! Ainsi son caractère hors-norme s’amoindrit, il est plus facile de penser ce qu’il va produire.

Pour les amants non confinés ensemble, ces mois font partie de leur histoire exactement au même titre que d’autres moments de leur vie. Construit à deux, comme le reste de leur vécu, c’est un temps partagé. Comme pour les personnes ayant été ensemble finalement…

La proximité s’affranchit de l’espace. Ce qui rend dingues les jaloux, jusqu’à des extrémités dangereuses, malheureusement pathologiques. Les relations d’égalité, de partenariat relèvent d’un autre niveau, plus avisé que celles de dominant-dominé. La qualité est le garant de la longévité du lien, quel qu’il soit. Rompre un lien qui fait du bien n’a pas de sens. Le désir ne s’étiole avec le temps que s’il est mal établi. Voilà pourquoi désirer est un cheminement vivifiant, un processus évolutif.

Le confinement a été vécu différemment par les confinés séparés mais ensemble télépathiquement (ou quasi…) parce que la solitude n’a pas les mêmes connotations. L’importance de ce qui se transfère du passé sur les relations actuelles profite de moments comme celui qui vient d’être traversé. La peur de l’abandon a été particulièrement réactivée pour ces confinés dont les mots pour les dire manquent !

Refuser ou désirer le désir reste une question qui repose sur bien plus que des circonstances. Certains sont plus frileux. Chat échaudé craint l’eau froide dit-on. D’ailleurs le chat craindra l’eau chaude aussi. Il n’aime pas l’eau du tout. La confiance trompée s’inscrit durablement. L’être humain lui ressemble. Certaines rencontres ont du mal à s’épanouir davantage en raison du passé que du présent, d’un passé qui ne concerne pas que ces deux partenaires-là (nous en avons déjà parlé précédemment).
Il est impossible de penser au déconfinement sans se représenter les amoureux qui attendent depuis des semaines le moment où ils vont se retrouver. Rallumer le désir réveille les endormis et sèche les larmes. Il reste à chacun de décider si ce jeu-là en vaut la chandelle.


A demain…


Trois allumettes une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras

Jacques Prévert

mercredi 6 mai 2020

La fin du régime CONFINEMENT J 51


CONFINEMENT : J 51

Préserver notre santé mentale

En 1992 la féministe anglaise Marie Evans Young lance l’INDD, International No Diet Day pour interpeller sur les questions de poids et de minceur obligatoire. Tous les 6 mai sont dénoncés les dangers de ces régimes. Depuis 2003, la Journée Internationale sans régime est timidement reprise en France.
La remise en question des régimes a sa bible officielle, c’est le rapport de l’ANSES de novembre 2010 qui démontre que tous les régimes échouent (excusez, non seulement 95 %  d’inefficacité !).  
Pire, ils font prendre plus de poids qu’ils n’ont font perdre et dérèglent l’organisme. Si vous avez besoin de perdre du poids, seul un régime équilibré en permanence est utile. Le problème, c’est en permanence. Rares sont les personnes ayant un problème qui peuvent tenir sur la durée, c’est pour cette raison qu’elles alternent « restriction / frustration : transgression ». Ces personnes sont exceptionnelles puisque les bons résultats sont de l’ordre de 5%, donc exceptionnels. Vous me permettez de vous interroger ? Maintenir un traitement qui rend un tel service, est-ce bien vu ? Que signifie cette faim des régimes ? Une envie de baguette magique ?
Elles aussi, les chirurgies de l’obésité ont un taux très (trop) élevé d’échecs, 40%. Au fond ces chirurgies (quelles que soient les techniques utilisées) imposent un autre régime alimentaire : il devient techniquement impossible de se nourrir abondamment.
Si les causes psychologiques profondes du rapport au corps et à l’acte de se nourrir ne sont pas sérieusement travaillées, le principe très simple « Aux mêmes causes, le même effet » s’applique et explique les faibles résultats des tentatives. La méthode n’est pas en cause. Le fond du problème devrait être réglé. Problème dont les causes sont multifactorielles et singulières…
Maintenant voyons la société…
C’est un scandale de culpabiliser les individus alors qu’en amont il est SIMPLE de changer ce qui crée ce « fléau », cette « épidémie mondiale ». En ce moment, on voit que le monde entier sait se mobiliser quand il veut…
L’obésité tue pourtant plus que le COVID. Et chaque année…

Une question de personne, un problème de société

 Fabriquer des produits sains, ne pas inciter à la surconsommation pourrait être une exigence politique. Interdire mondialement n’est pas si compliqué. Constatant ce qui se passe pour le COVID, le manque d’autres décisions énergiques laisse rêveur…
Plutôt qu’apposer des pastilles rouges aux produits sans intérêt nutritionnel et faisant grossir, il suffirait de les interdire. Les industriels seraient alors obligés de produire différemment. Quand on est au courant du nombre d’années que le monde de la santé a bataillé pour imposer le Nutriscore (ces fameuses classifications des aliments que le monde de l’agroalimentaire freinait, discutant des détails : le code couleur serait-il préférable à une autre notification, etc…) ou ce même monde de la santé perdant la bataille contre les publicitaires (sur décision du ministère de la culture) pour interdire les publicités incitant à manger certains produits dans les programmes pour enfants, quand on sait tout cela, on s’énerve juste un peu … La vidéo mise en ligne le 4 mai 2020 par l’association Cosmo + https://youtu.be/H3nNkBf6aY8 est très instructive au regard des interactions personnelles et sociétales, entre autres.
Parlons aussi des modèles de corps proposés, imposés, comme désirables. Les mannequins, les actrices incarnent le beau. Les femmes (surtout elles car les stéréotypes les concernent davantage pour des raisons culturelles très genrées) s’identifient donc à un seul type de morphologie, elles désirent leur ressembler pour être désirables. (Je résume à toute allure ce qui est détaillé dans les livres présentés ci-dessous en photo.) Il serait si simple de varier les apparences des individus jouant le rôle des personnages d’identification. Alors les gens seraient tous mieux dans leur peau et n’auraient pas envie de correspondre à des morphologies n’étant pas la leur.
Le business Minceur pèse des milliards. Et il pèse lourd dans les négociations. La collusion entre la santé et les intérêts financiers explique plus la propagation du virus de l’obésité que la faiblesse de caractère supposée des personnes.
La fabrication du désir a des ressorts marketing bien connus (idem, détaillé dans les livres en photo). La liberté est bien contrôlée en amont et l’influence sur les mentalités est efficace. L’individu est un être social et ses choix ne sont pas si personnels qu’il l’imagine.
La grossophobie boucle le tableau. Cette phobie du Gros est tellement installée qu’elle nous concerne toutes et tous. Pour preuve, le body beach : pour se préparer à se dénuder à la plage ou ailleurs, faire un régime s’imposerait. Les marronniers des magazines chaque printemps témoignent de cette obsession et partant de l’inefficacité des conseils, puisqu’il faut recommencer chaque année… Les bourrelets seraient indécents et moches. Il est bien compliqué d’avoir une bonne image de soi si votre corps n’est ni jeune ni svelte ni tonique, et il doit être les trois !
Le paradoxe est donc l’invitation permanente à consommer beaucoup et mal et les diktats de corps idéal qui correspond à quelqu’un consommant peu et bien…
Tous les mouvements actuels de body-positiv’ sont nés du ras le bol de décennies à fabriquer le fléau, l’épidémie de l’obésité. Des millions de personnes se compliquent la vie jusqu’au jour où les problèmes de santé interviennent vraiment en raison d’un excès de poids, fabriqué au fil des années pour les raisons ci-dessus. Un véritable cercle vicieux…
Durant le confinement prendre du poids a été une source continue de blagues depuis le début (se référer à J 7 et J 47). Ce qui montre à quel point ce sujet dépasse de loin la seule problématique de la santé. Là où ça devrait pourtant rester définitivement confiné !
A demain…  (autopromotion 😉

mardi 5 mai 2020

Joyeux anniversaire ! CONFINEMENT J 50


CONFINEMENT : J 50

Préserver notre santé mentale


Happy Birthday to you…


Durant le confinement, a-t-on continué à prendre des années ? 
Des blagues circulent sur le fait que pour les gens nés en mars, avril et mai, 2020 ne compte pas. Ce qui est agréable à partir d’un certain âge. Variable d’ailleurs. Pour les femmes, ça commence très tôt. Est-ce parce qu’un chroniqueur en mal de buzz s’est permis d’annoncer l’invisibilité sexuelle des femmes après 50 ans ? Le confinement ayant rendu tout le monde invisible réduit les discriminations à cet égard…

Comment se passent les anniversaires durant ce confinement ? Dans la plus stricte intimité ! Bien ou mal, ça dépend, comme toujours.

Qu’est-ce qu’on fête lors d’un anniversaire ? La prise d’une année ou la personne ?

L’anniversaire n’a pas toujours existé.
Dans l’antiquité, les Grecs avaient déjà un gâteau et des bougies qui représentaient la lumière, les souffler était censé aider à exaucer les vœux. Les Romains considéraient que les saints-patrons, les anges-gardiens, le genius, se manifestaient ce jour-là. Le paganisme est la raison du refus ultérieur par les religions. Les Juifs considéraient les célébrations d’anniversaire comme des rites d’idolâtrie. Les Chrétiens rejetèrent cette coutume, Lévitique XII :2 : « Les pêcheurs se réjouissent et se divertissent ce jour-là ». Jusqu’à ce que l’anniversaire de Jésus soit célébré et du coup tous les autres anniversaires.
Le retour se fit par l’Allemagne avec les 1ers goûters d’anniversaire, les kinderfeste, puis au XVIII ème siècle en France sous l’influence des Anglo-Saxons.

Sous le régime du confinement, comment se sont adaptés les Confinés Concernés ?
Eh bien, très différemment les uns des autres. De nouveau, la différence est la norme. Certains ont adapté le rituel aux circonstances et d’autres n’ont pas souhaité faire une quelconque fête puisque l’ambiance ne s’y prêtait pas.

Le confinement en aurait libéré plus d’un, murmure-t-on …


Une idée pour d’autres années ! 
C’est dommage que le conformisme s’invite dans ces événements qui pourraient correspondre à ce que la personne a vraiment envie d’en faire. Ce qui peut être variable selon les circonstances. Si une liberté à l’égard des conventions sociales venait à émerger de 2020 ce serait un acquis. Pourquoi se compliquer la vie ?

Certains cadeaux sont importants parce qu’ils représentent la personne les offrant, parce qu’on les aime, pour des tas de raisons. Mais, soyons sincères, beaucoup ne sont aussi que conventions et n’ont pas d’intérêt. Tout cela gâche les anniversaires pour certaines personnes. S’affranchir présenterait de nombreux avantages, si cela pouvait ne vexer personne. Beaucoup de pression pourrait diminuer en se dégageant d’obligations inutiles. Jamais, toujours sont de trop !

Les Témoins de Jéhovah ne fêtent pas les anniversaires, considérant que c’est péché d’orgueil et se référant aux origines païennes dont on a parlé plus haut. Les Musulmans ne célèbrent pas les anniversaires mais rien ne leur interdit de faire signe pour manifester leur amour. Tout est dans la nuance.
Le rapport à son anniversaire et à ceux des autres est très variable.

Être au centre de l’attention, donner l’occasion de se réunir = réjouissance ou calvaire ?

Certains ressentent une obligation de « faire quelque chose » sans en avoir la moindre envie, c’est la corvée, une obligation. D’autres adorent organiser une fête, c’est un prétexte. Toute la palette existe. Certaines dates sont emblématiques. Mais encore une fois, de quoi exactement ? Les dizaines ont-elles le même sens pour toutes et tous ? Non, bien sûr… Beaucoup de conventions viennent assombrir ce qui pourrait être un moment heureux. C’est vrai en ce domaine comme en d’autres, certains ont le goût du bonheur plus prononcé que d’autres. Un des ingrédients pour cette recette : s’affranchir !

A demain…

L'envol, Cécile BOUR (néanmoins médecin-radiologue  ;) 


lundi 4 mai 2020

Sortir du confinement CONFINEMENT J 49


CONFINEMENT : J 49

Préserver notre santé mentale 

« La libération ! » quand cette expression est utilisée pour parler de la sortie de confinement, un léger malaise m’envahit.
Ce mot n’est-il pas un peu exagéré ?

Quand on ne se rend même plus compte que la qualification de libération est passée dans le vocabulaire courant, c’est grave ! Restons attentif aux mots, ils traduisent le ressenti. A tout mélanger, on se perd.

La tendance à surestimer ses peines a un effet dévastateur. Quand vraiment un grand malheur se produit, comment sera-t-il supporté ? La plainte permanente décourage. Y compris la personne qui se plaint !

Il est vrai que certaines personnes ont très mal vécu le confinement. Laissons-leur le terme de libération et le sentiment qui va avec.

L’emprisonnement a sa levée d’écrou. La prise d’otage se termine par une libération, dans les meilleurs cas. La Libération a signé le retour à la paix, de juin 1944 à mai 1945. Dans quelques jours, le 8 mai est un jour férié pour commémorer la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la seconde guerre mondiale en Europe. Voilà à quoi renvoie pour beaucoup La Libération
Sans oublier le journal aussi connu par son diminutif Libé.

Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.


Albert Camus le dit si bien et si justement.

S’affranchir du confinement est une excellente chose, nous allons savourer la joie de retrouver d’autres personnes.

La vie en vase clos n’est pas du tout normale. De là à comparer, encore une fois pour la plupart des personnes (heureusement), ces semaines de confinement - chez soi - à une captivité, il faut s’interroger.
Une vérité déplaisante reste une vérité. Pourquoi ce sentiment s’impose ? Inutile de repousser à plus tard. Procrastiner serait une façon d’éviter les décisions qui sont bénéfiques pour que les leçons du confinement ne s’envolent pas dès que la porte s’ouvre.
Se sentir libéré est exaltant, d’autant quand c’est parce que des verrous ont sauté intérieurement. Confinement ou déconfinement pour ceux-là, rien n’y change.  

Loin de moi l’idée de ridiculiser la réaction hédoniste. Il est très compréhensible de se réjouir de retrouver les plaisirs dont on a été privés durant de longues semaines, cela fera du bien d’aller se défouler. C’est tout à fait honorable de ressentir un réel bonheur à rejoindre des personnes aimées. Tout autant que de prendre plaisir à se promener sans avoir à se justifier, etc…

C’est le concept de libération qui me semble inadapté. Sauf évidemment pour les personnes ayant souffert à un tel niveau et ce n’est à personne à en juger… Nul besoin de faire partie de ces trop nombreuses victimes de violences intrafamiliales pour y avoir droit ! L’appréciation est toute personnelle et les critères d’évaluation très subjectifs. Nous n’avons pas à y redire. En revanche, utiliser à tort et à travers cette notion de libération l’affaiblit, bêtement.

Le déconfinement est attendu par de très nombreuses personnes qui ont bien l’intention d’en profiter. Et c’est très bon signe ! Quand on a été privé, le désir est fort. Le manque nourrit le désir, c’est un fait. La liberté fait partie de la devise républicaine. L’exprimer correctement, c’est encore mieux !

A demain…                      


dimanche 3 mai 2020

s'engager dans le déconfinement CONFINEMENT J 48


CONFINEMENT : J 48

Préserver notre santé mentale

Où sont les urgences ?


« Le taux individuel de mortalité n’a pas changé depuis 200 000 ans. Il est toujours de 100%. 
On va tous mourir un jour ! » rappelle André Comte-Sponville.

Ce philosophe déplore que l’on sacrifie les jeunes et la liberté sur l’autel de la santé. Le chaos économique frappera les plus fragiles, il s’indigne.

Il dit aussi qu’il est un anxieux et que ce n’est pas de mourir de ce virus qui lui fait peur. Mais, du sort des jeunes, de la récession économique qui découle du confinement. A 68 ans, il déclare « sacrifier les jeunes à la santé des vieux est une aberration. Cela me donne envie de pleurer. » Il poursuit sa démonstration en rappelant que l’âge moyen des décès est de 81 ans, il faut donc raison garder. Il demande que l’on réfléchisse à une société qui fait le choix de la santé comme valeur suprême.

Cette position n’est pas unique. Elle nécessite de l’audace. D’autres s’expriment timidement. En consultation, partout les choix et surtout le tabou de poser des alternatives sont interrogés. Une sidération de l’inimaginable accompagne les temps actuels. On nous assène des chiffres et la vérité serait à écrire avec un V. Soumettre entraîne toujours des résistances à un moment ou à un autre. Comte-Sponville énonce publiquement tout haut ce que d’autres n’osent pas faire. Sa notoriété le lui permet.

La liberté de penser plusieurs alternatives donne la force d’endurer. Assumer n’a rien à voir avec supporter.

Or le refoulement n’a pas que des avantages !


D’autres morts se produisent en ce moment en dehors du COVID. Cette fascination pour la mort et le COVID est tout de même problématique.

La destructivité semble devenue reine. Que serait-ce de continuer à penser uniquement à se protéger ?
La position victimaire est un réel problème. Ses incidences fragilisent. Vivre en réaction plutôt qu’en action n’est pas un choix qui soit sans conséquences.

Un sursaut peut urgemment se produire. Nous sommes dans les difficultés et, bien sûr, différentes possibilités existent pour les affronter. Collectivement et individuellement, prendre toutes ses responsabilités est un gage de réussite. Il faut éveiller le désir pour obtenir activement l’engagement. Pour ce faire, cesser d’asséner à longueur de journées des messages débilitants et donner à penser. Sinon les oppositions se manifesteront ouvertement ou passivement, en retour de refoulé également… Ce qui peut saboter toute dynamique.
Marteler toujours les mêmes messages s’appelle de la propagande. Ce qui ne signifie en rien que d’autres analyses n’existent pas. On y décèle juste un rapport de forces.

Les réactions de défense peuvent être exprimées faiblement et fortes dans la passivité. L’inertie ne permet pas d’avancer. Les décompensations sont une autre forme d’expression de rejet d’une direction imposée. Pour éviter tout cela, écouter les voix comme celles d’André Comte-Sponville serait fort judicieux. Le déni d’autres façons de voir une situation ne donne pas confiance. Un fonctionnement autoritaire peut faire taire les commentaires mais ne pas convaincre. Puisque l’avenir proche demande à ce que se révèle le meilleur de chacun d’entre nous, il est prudent d’inciter chacun d’entre nous à l’exprimer et non le menacer de le punir si…

« Quel type de société souhaitons-nous ? » questionne ce philosophe, cette question vaut la peine d’être posée…

A demain…    


samedi 2 mai 2020

Corps et sport CONFINEMENT J 47


 

CONFINEMENT : J 47

Préserver notre santé mentale


Le corps confiné, cet obscur objet de désir


Le corps est enfermé et la libido grimpe en flèche. En termes de sport aussi. Des personnes qui n’étaient pas particulièrement attirées par les activités sportives se sont mises à en pratiquer régulièrement.

Mais pourquoi ? Que recherchent-elles ? Du plaisir, comme toujours ! Un mixte santé / beauté guide et repose sur un triptyque : se sentir en forme, se plaire, plaire (en général).
Sport à la maison que les coachs ont pris en main. Les cours en ligne se sont multipliés. Les rendez-vous informels entre amis aussi, chacun soutient l’autre et la régularité des retrouvailles permet de tenir le challenge. C’est devenu un plaisir partagé, avant l’apéro. Lors du confinement quand les dépenses physiques sont proches de zéro un réel besoin d’entretenir les capacités physiques semble exploser et correspond à une réponse qui s’oppose à l’immobilisme, de l’ordre d’une défense contraphobique.

Face au COVID se rassurer est bénéfique. Faire des activités physiques, agir sur le corps, lui donner des moyens d’être fort face aux risques est anxiolytique. L’effet ressenti des exercices étant immédiat et sculpter le corps demandant une certaine permanence, ces deux éléments se surajoutent pour expliquer le succès du sport à la maison. C’est une occupation qui parait saine et approuvée socialement.

La mode est aussi un modèle. La mode de faire du sport devient un modèle pour être en phase avec l’époque. La mode est aux corps toniques, se muscler est donc une démarche valorisée. La séduction de ce type de corps est reconnue.

Durant le confinement, pour contrebalancer le manque d’activités, pour éviter la prise de poids qui a été annoncée dès les 1ers jours comme un risque, les activités physiques sont apparues comme l’antidote à certains. Alors que la moitié de la population française est en surpoids, que la grossophobie est partout, le sport est encouragé.

Un désir pour soi est mis en avant dans les selfies, sur les réseaux sociaux d’images, comme Instagram. Cette autocélébration rencontre des individus un peu perdus et réconforte.

Bander les muscles


Qu’en sera-t-il après le déconfinement ? Les salles de sport ne vont pas rouvrir comme avant. Le footing sera-t-il toujours aussi prisé ? Ou était-ce essentiellement un bon prétexte pour s’évader de chez soi ?

Aller à vélo au travail exige une meilleure condition physique que d’utiliser les transports en commun. Comme ces derniers sont associés à des risques de contagion, il est fort à parier que le vélo et la marche à pied, comme en temps de grèves, auront le vent en poupe durant la belle saison.

Rendre l’utile agréable serait un véritable changement dans la pratique des activités physiques et attirerait les foules plus largement que les seuls adeptes des sports. Le sport-loisir ou le sport-santé devenant une pratique sociale liée à la vie quotidienne signerait un réel changement de paradigme.

Nous vivons dans une société où la force physique nécessaire au travail diminue et où les activités physiques de loisirs augmente. Quand on travaille à l’usine, aux champs, sur les champs de bataille, on ne va pas à la salle de sport. Le corps est adapté aux métiers et dans les secteurs tertiaires le corps est fort peu sollicité. Peut-être est-ce devenu indispensable de l’entretenir ?

Moins le besoin est impératif et plus il dépend de soi de cultiver ses forces. Le culte du corps repose aussi sur l’idée de volonté. Ça se mérite, les efforts sont récompensés, le corps est un acquis qui reflète la personnalité.
L’extrême qu’est le culturisme pourrait nous éclairer dans la compréhension du goût actuel de l’exercice physique. Nicolas Chemla en révèle tous les aspects aux curieux, en 608 pages, dans le roman Monsieur Amérique publié en janvier 2019 (Séguier Ed). La virilité s’y exprimerait. Gérer son corps comme un capital, contrôler le corps comme sa vie, tout ceci reflète une certaine idéologie. Le body-building présenté par Arte avec la websérie Tous musclés, mise en ligne tout récemment, le 27 avril pour être précise, est un phénomène de société. Avec 10 épisodes de 5 minutes, le culturisme nous tend un miroir grossissant du rapport actuel au corps, devenu encore plus visible durant le confinement. La puissance de Mr Muscle réconforterait quand le sentiment de danger explose. 
Enfin, réconforterait certains…

A demain

 Le penseur de Rodin