mercredi 3 janvier 2018

Libérer la parole


En 2017, elles ont pris la parole pour dénoncer. Elles ont osé dire ce que l’humiliation leur avait faire taire. Une fois rompu, le pacte du silence imposé par le harceleur, le violeur, par celui qui a fait mal, qui a mal fait, une fois brisées ces chaines, un autre regard sur soi, sur la vie survient.

Parfois, la solitude devant ses propres actes ne rend pas les choses plus simples.

Parfois, l’incompréhension des autres est une douleur supplémentaire.

Il faut alors franchir une nouvelle étape. Se libérer de l’intérieur.

Les violences laissent des cicatrices, il se peut qu’elles soient invisibles. Ce qui ne veut pas dire indolores.

La confiance en soi, l’estime de soi peuvent-elles rester indemnes ? C’est rare.

Les regrets, les remords peuvent s’en mêler et on peut s’en vouloir.

La confiance en sa capacité de choisir les bonnes personnes ? Forcément, à interroger.

Pour se reconstruire, il faut creuser.

L’empathie ne suffit pas. Bien sûr, elle est indispensable.

Se sortir de violences, c’est à la fois modifier les conditions extérieures qui en sont la cause et soigner les dégâts internes, en éradiquer les racines et les traces.

Le passé ne s’efface pas. Permettre de l’intégrer en en faisant quelque chose est l’étape suivante. La souffrance renforce, l’expérience peut ouvrir les yeux sur soi et sur les autres.

 
Ajout pour les personnes à proximité de Beynes :

Violences conjugales : « En zone rurale, c’est plus dur de s’en sortir »

L’isolement, le manque de mobilité et de structures spécialisées augmentent les difficultés des femmes victimes de violences.

En quoi la vie en milieu rural augmente-t-elle les difficultés des femmes à sortir de la violence ?

Les zones peu densifiées ne favorisent pas la discrétion. L’isolement géographique et le manque de mobilité peuvent enfermer ces femmes dans un piège.

Et c’est sans compter la peur du commérage, voire une forme de complaisance dans le cas où l’agresseur est un notable du coin.

Dans un milieu avec peu de densité de population, tout le monde se connaît, et cette proximité ne favorise pas la prise de parole des femmes victimes de violences.

Ce sont celles qui résident dans les zones rurales qui se déplacent le plus souvent vers le système de soins (40,9% des victimes contre 34,9% des victimes de l’unité urbaine de Paris).

La différence réside essentiellement sur les consultations de psychologue qui sont plus fréquemment sollicités dans les zones rurales (et les communes de moins de 100 000 habitants) que dans l’unité urbaine de Paris (26% contre 15%).

 

Catherine Grangeard, psychologue, psychanalyste à Beynes.
01 34 89 41 01

 
Mots clés : harcèlement, me too, balance ton porc, injures sexistes, paye ta fac, paye ta blouse, paye ta robe, violences conjugales, viol, féminicide.