Peur des autres, repli et risque éthique du manque de confiance CONFINEMENT J 25
CONFINEMENT : J 25
Préserver notre santé mentale
N’ayez
pas peur
Pas simple de dire de ne pas avoir peur lorsque le
confinement concerne 3 milliards d’individus sur terre pour une durée
indéterminée. Les plus angoissés présentent déjà toute une série de symptômes. Mais
ce n’est pas de toutes ces décompensations que je souhaite parler aujourd’hui.
Une autre inquiétude mérite toute votre attention Afin d’y remédier, comme
toujours, il faut déjà en prendre conscience.
La peur des autres flambe. Certains évoquent la peur de la
peur qu’ils auront à re-sortir. Plus on est phobique et plus c’est certain. La
peur du repli sur soi est galopante et contagieuse.
Que de peurs, tous azimuts… C’est très grave quand l’autre
est perçu comme un risque potentiel.
Cet effet très pervers du confinement ne va pas s’estomper
facilement puisqu’est répété que la crise sera longue.
Les relations sociales sont marquées du sceau de la méfiance
de ce que l’autre peut nous faire, par sa seule présence. Son être et non plus
son faire est source d’inquiétudes.
Le masque double-face
Ce type de crainte des relations a un effet aussi dangereux
que le virus.
Une étude en 2013 révélait que le sentiment de solitude était
ressenti par 40 % des Américains. Qu’en
sera-t-il après ce confinement s’il nous faut porter des masques et tenir une
distanciation sociale pour éviter le COVID ? On ne va plus
s’embrasser ?
La solitude tue plus que le tabac et l’obésité, la solitude
brise le cœur au sens propre du terme, les accidents cardiovasculaires sont
plus nombreux, comme les insomnies et de nombreuses formes de stress.
Une hyper sensibilité aux signaux crée de l’isolement.
L’agression est vue partout.
La souffrance entraînée par le manque de relations sociales
est une donnée de santé publique.
Le manque de relations est une chose.
La peur des relations en est une autre.
L’autre conçu comme une menace aggrave les angoisses de
persécution et des réponses inappropriées s’ensuivent naturellement.
La relation aux objets d’amour (au sens le plus large de ce
terme) dépend de la confiance (également au sens large). Si l’autre est une
menace, qu’il nous faut porter un masque par exemple, alors les fantasmes de
mise en danger permanent se faufilent immédiatement. Le stress croît. C’est un
cercle vicieux.
Si se protéger de l’autre semble devenir vital, qu’en
sera-t-il de la solidarité, du lien en général ?
Le rétrécissement sur soi fait craindre à la fois pour la
santé mentale et pour la santé sociale.
La qualité du lien est humainement essentielle à préserver.
Il est à craindre une destruction de celui-ci si on insiste uniquement sur les
risques des interactions, comme si elles ne servaient qu’à détruire.
« Pour votre bien » protégez-vous. Restez chez
vous. Ce sont des messages qui demandent à être explicités. Il est terrifiant
de n’envisager l’autre que comme vecteur de risques pour la vie. A force de
diffuser des informations angoissantes, on est angoissés.
Si certains se rassurent en créant des ateliers-couture de
masques, leur gestion de l’anxiété en inquiètent d’autres. C’est gentil et y répondent
les blagues demandant si on doit aussi confectionner soi-même son vaccin. L’inconscient qui perçoit bien de quoi il
retourne nous permet encore de sourire (sous cape/sous masque).
La santé mentale mérite beaucoup mieux qu’une opposition entre
risque sanitaire et risque éthique.
A demain…
Peur des autres, repli et risque éthique du manque de confiance CONFINEMENT J 25
Reviewed by grangeard
on
avril 10, 2020
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