Le travail c'est la santé ! Chômage partiel, confinement J 18
CONFINEMENT : J 18
Préserver notre santé mentale
La perte de travail nuit gravement à la santé !
A ce jour, en France, un salarié sur cinq est en chômage partiel. Les
intérimaires ne voient pas leurs contrats renouvelés. Les indépendants et
professions libérales regardent leurs activités s’effondrer et les mesures
d’aides ne viennent en rien combler les pertes. Certains craignent tout
bonnement pour la survie de leurs activités professionnelles.
L’après confinement est flou, et ce seul fait trouble les esprits.
Les symptômes sont légion et se
surajoutent à ceux de la crainte du COVID et du confinement.
Le suicide et le chômage, un rapport de cause à effet.
Une étude Inserm publiée en 2015 estimait que de 10 000 à 14 000 décès
chaque année sont imputables au chômage. « C’est un problème de santé publique » déclarait en mai 2016, Pierre Meneton, le chercheur
ayant coordonné cette recherche.
"On a imposé de rouler à 80 km/h pour éviter 400 morts par an -
c'est très bien - mais là on parle de 10.000 à 15.000 morts par an ! Et
qu'est-ce qu'on fait ?", tempêtait Michel Debout, professeur de
médecine légale et psychiatre.
Derrière les chiffres se cachent une réalité, celle de millions de
personnes en détresse.
Les raisons de ce taux de mortalité élevé sont multifactorielles et
concernent autant la santé mentale que la santé physique. En effet, le
non-emploi entraîne un ensemble d’habitudes de vie et de consommation : le
tabagisme, l’alcool, la mauvaise alimentation, la sédentarité,
accroissent le risque de contraction de maladies. Les comportements à
risque sont freinés par l’emploi. Le travail c’est la santé !
Longtemps perçu comme l’acte individuel par excellence, le suicide entre
dans le champ du fait social à la suite de l’étude sociologique d’Emile
Durkheim, en 1897. Au terme de ses recherches, Durkheim constate en
effet que : « Le taux de suicide varie en raison inverse du
degré d’intégration des groupes sociaux dont fait partie l’individu ».
L’interaction de la psyché individuelle et des conditions sociales se
confirment une fois de plus.
Dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire du 6 janvier 2015, les
chercheurs en arrivent à cette conclusion : quand le taux de chômage
grimpe de 10 %, celui du suicide, lui, augmente de 1,5 %.
L’institut de recherche explique : « Par ailleurs, le contexte
plus global de crise économique, caractérisé par une morosité et des
perspectives à la baisse sur le marché du travail peut aussi être à l’origine
de craintes de pertes d’emploi et donc de crises psychiques ».
Le non-emploi entraîne de l’anxiété, une baisse de l’estime de soi et de la
satisfaction. Les troubles psychiques sont aussi liés au regard d’autrui, qu’il
soit familial, amical et plus général.
L’étude alerte avec vigueur « Avec tous les troubles psychologiques
qu’elle entraîne, la situation de non-emploi diminue les possibilités pour
l’individu de retrouver un travail. En effet, différentes études soulignent que
le chômage, en longue durée, ébranle la motivation et l’envie d’entreprendre.
Les capacités cognitives, elles, s’en trouvent grandement altérées et le
chercheur d’emploi rencontrera des difficultés à adopter l’attitude adéquate
face à un employeur. En somme, plus une personne est au chômage, plus elle
souffre psychologiquement et plus cette souffrance psychologique est vive, plus
les chances de retrouver un emploi s’amoindrissent ; au bout de ce
labyrinthe sans issue, parfois le suicide. » Le chômage est un fait de
société causant souffrance, divorces, destruction familiale, précarité et
parfois la mort.
Espérons que cette réalité, aussi sordide soit-elle, vienne influencer le gouvernement
à l’heure actuelle où les choix politiques se devraient de considérer la
situation sous tous ses angles.
La guerre est une chose trop
grave pour être confiée à des militaires. G. Clémenceau
Ce qui a été décliné de
multiples façons, pour mémoire « l’économie est une chose trop sérieuse
pour être confiée aux financiers » et commence à l’être ces temps-ci « la
vie est trop précieuse pour être confiée aux seuls médecins ».
Quand confinement rime avec passivement, on a la certitude que ça va
déraper.
On a le choix de préférer vivre à survivre.
Vaincre ses peurs est le préalable ! (cf Mandela à retrouver à J 11).
A demain…
Photographe et
réalisatrice.
Le travail c'est la santé ! Chômage partiel, confinement J 18
Reviewed by grangeard
on
avril 03, 2020
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